L'herpès génital est une maladie infectieuse sexuellement transmissible ou indirectement par les doigts ayant été en contact avec une autre partie du corps infectée (bouton de fièvre) causée par le virus Herpes simplex (VHS) de type 1 ou 2.
Elle consiste en des démangeaisons, brûlures, petites cloques, plaies au niveau des organes génitaux.
Le traitement consiste en des antiviraux pour diminuer la contagiosité, réduire la douleur, la durée et la fréquence des crises.
C'est une infection considérée sans gravité mais qui empêche les rapports sexuels pendant les poussées.
Pour les malades du SIDA, il s'agit d'un co-facteur important de transmission du Virus de l'immunodéficience humaine responsable du SIDA.
(http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/45/Herpes_simplex_virus_TEM_B82-0474_lores.jpg/250px-Herpes_simplex_virus_TEM_B82-0474_lores.jpg)
Virus Herpes simplex
Épidémiologie
Les infections génitales peuvent être causées par le virus Herpes simplex (VHS) de type 1 ou 2 mais le VHS-2 est le plus courant (environ 70% des cas). Les infections récurrentes à VHS-2 sont très fréquentes (98 % des patients).
Les personnes atteintes sont pour la plupart asymptomatiques.
L'incidence aux États-Unis est estimée entre 1 et 2 millions de nouveaux cas annuels. La prévalence chez les 30-40 ans atteint près de 30%[1].
L'herpès génital en France est très répandu et bien soigné. Beaucoup de personnes vivent avec sans altération de leur qualité de vie.
L'herpès pourrait être considéré comme un problème de santé publique mais la politique en matière de prévention est inexistante et les connaissances des médecins généraliste faibles.
Mécanisme de la contamination
L’infection se transmet par :
* un contact entre une muqueuse infectée et une muqueuse saine (coït) ;
* un contact entre peau infectée et peau saine (une personne a un herpès sur un testicule et le transmet sur les fesses du partenaire) ;
* un contact entre peau ou muqueuse et sécrétion vaginale infectée ;
* un contact entre peau ou muqueuse et salive infectée
Il semble que pour qu'il y ait infection sur la peau par les fluides (salive ou sécrétion vaginale), il est nécessaire que la peau soit abimée.
Quand il entre dans la zone génitale, le virus peut ressortir à n'importe quel endroit dans la zone génitale (par exemple, il entre par un contact gland/fesse mais peut ressortir sur le vagin lors d'une poussée).
Les cas d’auto-inoculation à partir d’un site d’infection oral ou labial antérieure à VHS-1 sont rares et arrivent le plus souvent durant la primo-infection orale (une personne a un herpès sur la bouche pour la première fois, touche les vésicules puis se touche le sexe).
L’excrétion et la transmission asymptomatique (la personne qui est contagieuse n'a aucun signe lui faisant penser qu'il a une poussée d'herpès) du virus sont fréquentes surtout pour le VHS-2.
Histoire naturelle
* La première infection (primo-infection) est souvent silencieuse.
* La période habituelle d’incubation (délai entre l'infection et les premiers signes) des primo-infections symptomatiques varie entre 2 et 21 jours.
* Les infections récidivantes se retrouvent habituellement sur le territoire des dermatomes S2 ou S3 (territoire de la peau innervé par la deuxième ou troisième racine sacrée).
* Les récidives sont fréquemment atypiques quant à leur présentation.
Signes cliniques
Primo-infection
Il s’agit du premier épisode avec signes chez un patient n'ayant jamais été au contact du VHS jusque-là.
On observe une éruption vésiculeuse et ulcérative aux points d’inoculation du virus ou à proximité. L’infection est localisée au niveau des organes génitaux externes, du pubis, du périnée et des régions périanales, ainsi qu’au niveau du col de l’utérus, de l’anus ou de l’urètre, suivant le type de contact. Une adénopathie (gros ganglion) au pli de l'aine, douloureuse, est fréquente. L'éruption guérit sans traitement, en règle générale, en une dizaine de jours[2].
* Les problèmes urinaires, y compris les retards à l’initiation de la miction ou une difficulté à uriner (dysurie), sont fréquents chez les hommes et les femmes et ils peuvent durer longtemps.
* De 40 à 70 % des primo-infections s’accompagnent de symptômes généraux (p. ex. fièvre ou douleurs musculaires).
* Une méningite bénigne est observée dans 10 à 30 % des cas de primo-infection symptomatique. La ponction lombaire ramène dans ce cas un liquide stérile.
Infection non primaire
* Il s’agit du premier épisode avec signes cliniques chez un patient ayant déjà eu un contact avec le VHS, qu'il soit symptomatique ou non.
* La durée est habituellement moins longue, et il est rare que les symptômes intéressent l’organisme entier.
* On peut observer une éruption vésiculeuse et ulcérative unilatérale ou bilatérale (chez les femmes) s’apparentant plutôt à une infection récurrente symptomatique.
Infection récurrente
* a première éruption ne se manifeste jamais tout de suite après la contamination. Il faut d'abord que le virus s'installe avant de produire des éruptions, ce qui peut prendre plusieurs semaines. La période de latence peut occasionnellement être de plusieurs années chez certains patients.
Infection récurrente symptomatique
* Elle est due à une réactivation du virus latent.
* Les symptômes sont moins graves et durent moins longtemps que dans le cas d’une primo-infection symptomatique.
* Les manifestations de l’infection se limitent généralement aux organes génitaux externes et sont unilatérales.
Excrétion asymptomatique du VHS
Elle est observée chez des personnes ayant ou non des épisodes symptomatiques. Elle s’effectue à plusieurs endroits au niveau des organes génitaux et elle est plus fréquente dans le cas du VHS-2.
Apport du laboratoire
Pour établir le diagnostic clinique, il faut retrouver les éléments suivants : des lésions typiques ou atypiques et une culture ou d’autres résultats à des tests diagnostiques spécifiques.
La culture, après prélèvement au niveau de la lésion, demeure la méthode de prédilection à cause de sa spécificité, de sa sensibilité et de sa capacité de typer la souche du virus. Le typage de la souche est souhaitable dans la plupart des cas pour permettre de mieux prévoir les récurrences ainsi que de fournir des renseignements pertinents sur la susceptibilité du partenaire. La réaction en chaîne par polymérase (PCR) permet également d'en établir le diagnostic.
Les autres examens de laboratoire
Sérologie
Elle consiste en la détection d'anticorps dirigés contre le VHS dans le sang du patient. La détection de ces derniers signe un contact antérieur avec le virus mais de manière retardée. La sérologie a une application clinique limitée. Elles peuvent être utilisées pour déterminer si les femmes enceintes qui n’ont pas d’antécédents d’herpès symptomatique sont à risque. Elle ne peut déterminer naturellement s'il s'agit d'une primo infection ou d'une récidive mais peut définir le type de virus en cause (VHS I ou 2).
Traitement
Les traitements sont de deux types : oral (traitement préventif) ou local (pommade à appliquer, traitement curatif des poussées d'herpès). Il faut traiter systématiquement et le plus tôt possible , c'est-à-dire dès l'apparition des signes annonciateurs d'une poussée d'herpès (démangeaisons, gênes ou irritations), ce qui aiderait à réduire la fréquence des crises et les douleurs afférentes.
L'utilisation de préservatifs ne protège pas complètement du risque de transmission de la maladie, ce dernier n'étant réduit que d'environ 30%[3].
Dans tous les cas, des antalgiques peuvent être utile et des soins d'hygiènes restent utiles pour éviter une infection bactérienne surajoutée.
Primo-infection
Le traitement anti-viral est utile pour atténuer les symptômes, les complications et l’excrétion du virus, mais il n'est efficace seulement s’il est administré au début de l’épisode symptomatique. Il ne permet pas de prévenir les récidives, sauf s'ils sont donnés de manière prolongée[2].
* Aciclovir 400 mg 3 fois par jour pendant 5 à 7 jours
* Famciclovir 250 mg 3 fois par jour pendant 5 à 7 jours
* Valaciclovir 500 à 1 000 mg 2 fois par jour pendant 5 à 7 jours
Infections récurrentes
* Famciclovir 125 mg per os 2 fois par jour pendant 5 jours
* Valaciclovir 500 mg per os 2 fois par jour pendant 5 jours
* Aciclovir 400 mg per os 3 fois par jour pendant 5 jours
Autres traitements
De nombreux traitements non médicamenteux ont été proposés, à base de plantes, de compléments alimentaires ou d'huiles dites essentielles. Aucun n'a démontré de manière scientifique une quelconque efficacité.
S'agissant d'une infection sexuellement transmissible, les rapports protégés voire une abstinence (si les lésions ne sont pas couvertes par le préservatif) sont formellement déconseillés lors de la phase éruptive.
Dans un couple séro-discordant (une personne infectée, l'autre saine) il convient d'utiliser un préservatif pour tous les rapports car il est impossible de prévoir quand la personne infectée est contagieuse (on estime à au moins 5 à 10% des jours de l'année le nombre de jours où une personne positive est contaminante sans symptôme). Cela n'exclut pas la contamination par d'autres voies (peau-peau)
Pour un couple séro-discordant ayant des rapports non protégés, on estime à 10% de chance d'infecter le partenaire chaque année.
Il n'existe pas, à ce jour, de vaccination disponible.
Cas de la femme enceinte
Le nouveau-né peut être contaminé par la mère lors de l'accouchement s'il existe des lésions actives secondaire au VHS au niveau de la sphère génitale maternelle, provoquant un Herpès néo-natal aux conséquences dramatiques.
Si la primo-infection survient lors du troisième trimestre, un accouchement à terme par césarienne est impératif, prévenant ainsi la contamination[2]. La même attitude est prônée en cas de présence de lésions d'herpès au niveau de la sphère génitale secondaire à une récidive.
Herpès génital et VIH
En raison des ulcérations génitales provoquées par l'herpès, le risque de contamination par le VIH est doublé[
Source: wikipedia