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Autor Tópico: Antiterrorisme : les missions de la « task force » de Macron se précisent  (Lida 323 vezes)

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Offline RoterTeufel

 
Antiterrorisme : les missions de la « task force » de Macron se précisent
 
 
 
Installé depuis trois mois à l’Elysée, le Centre national du contre-terrorisme a notamment pour objectif une meilleure information du président.
 
 Alors que le procès des crimes de Mohamed Merah, à partir de lundi 2 octobre à Paris, risque d’être propice à de vifs débats sur les « failles » du renseignement, le nouveau Centre national du contre-terrorisme (CNCT) voulu par Emmanuel ­Macron prend doucement ses marques.
 
 Depuis trois mois environ, la « task force », comme elle a été appelée durant la campagne présidentielle, a commencé à s’installer au sein du Conseil national du renseignement (CNR), dans l’une des ailes de l’Elysée. Avec l’idée, justement, de mieux coordonner les services et de limiter leur marge d’erreur.
 
 La structure est trop jeune pour pouvoir afficher un bilan, mais, après une période d’incertitudes et de critiques sur son opportunité, les contours de son travail commencent à se faire plus précis.
 
 Dénué officiellement de tout pouvoir opérationnel – même s’il a les attributions pour s’immiscer dans la plupart des structures de coordination –, le nouveau CNR-CNCT répond au souhait du chef de l’Etat d’« avoir plus de prise » sur les services de renseignement, détaille-t-on à l’Elysée.
 
 « Priorité stratégique »
 
 Un des objectifs clés : filtrer les milliers de notes écrites chaque année, identifier les angles morts et faire en sorte que la remontée d’informations vérifiées au chef de l’Etat et à ses conseillers soit à la fois plus ciblée, plus importante et plus rapide – « en temps réel, si possible », souligne-t-on. Emmanuel Macron est un gros consommateur de notes des services de renseignement, qu’il annote et renvoie avec force questions et commentaires.
 
 Les différents attentats ou tentatives d’attaque survenus cet été en Espagne et en France ont été l’occasion de tester les capacités de réactivité du CNR-CNCT.
 
 Le contre-espionnage ou la lutte contre la prolifération demeurent, comme ils l’ont toujours été, des éléments importants du portefeuille du CNR. Mais l’antiterrorisme est la « priorité stratégique » de la structure, dirigée par le préfet Pierre de Bousquet de Florian, ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST).
 
 L’été a été propice aux recrutements. Parmi eux, une quinzaine de conseillers issus de tous les services, notamment ceux du « premier cercle » : direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), direction du renseignement militaire (DRM), etc.
 
 Mais pas pour « faire les passe-plats » de leur propre maison, prévient-on. Au contraire, pour tenter de sortir du fonctionnement en silos. Pour s’assurer une coordination optimale avec les services dits du « second cercle » (gendarmerie, renseignement pénitentiaire, préfecture de police, etc.), M. de Bousquet de Florian a notamment pris comme numéro deux celui qui était, jusque-là, le directeur du renseignement territorial, Jérôme Léonnet.
 
 Deux magistrats font partie des troupes : un conseiller juridique et un autre, chargé d’entretenir des liens serrés avec le ministère de la justice, et plus particulièrement le parquet de Paris, afin d’assurer le suivi judiciaire des affaires ou à l’inverse de faciliter la remontée d’informations se trouvant dans les procédures. Un conseiller chargé de la coordination internationale a aussi été embauché pour les échanges avec les services étrangers.
 
 Mission de prospective
 
 En plus d’ingénieurs spécialistes des outils techniques de renseignement et de quelques analystes, le CNR-CNCT devrait compter une trentaine de personnes d’ici à la fin de l’année. « Pas plus. Au risque sinon d’empiéter sur le travail des services », souligne-t-on à l’Elysée. Chose à laquelle on sait qu’il faut veiller si on ne veut pas braquer.
 
 On se félicite, ainsi, d’avoir observé, fin septembre, la naissance d’un « nouvel état d’esprit » avec un « rapprochement » inédit : pour la première fois, DGSI et DGSE ont cosigné une même note d’analyse de la menace. Un petit pas dans l’espoir d’autres.
 
 Le nouveau CNR-CNCT se veut aussi « think tank » à sa manière. Il cherche en particulier à développer des contacts en dehors des acteurs traditionnels des services de renseignement. Plusieurs professionnels de la psychiatrie et de la recherche ont été entendus dans ses locaux, durant l’été, pour chercher des pistes en matière de prévention de la radicalisation.
 
 Après ses missions de conseil et de coordination, la prospective est le troisième champ prioritaire. Particulièrement en matière technologique (drones, intelligence ­artificielle…). Un secteur dont est notamment chargé Jean-François Gayraud, l’ancien numéro deux de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste.
 
 Il faut être en mesure de « challenger nos solutions nationales » et de « développer une intelligence du futur », plaide-t-on à l’Elysée. Charge aux événements de confirmer ces intuitions.
 
 
 

 



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