Les banques iraniennes sous pression
En Iran, l’heure de la mise en conformité avec les règles de droit international a sonné pour les établissements bancaires. Pour le président Rohani, c’est un moyen de développer l’économie.
Depuis sa réélection, à la mi-mai 2017, le président iranien, Hassan Rohani, pousse à la réforme du secteur bancaire du pays. Pour « développer » l’économie nationale et « attirer les investissements étrangers » – deux de ses priorités depuis son arrivée au pouvoir, en 2013 –, il ne cesse de mettre l’accent sur la « mise à jour » et la « transparence » des banques iraniennes, qu’il estime nécessaires pour que la République islamique puisse « avoir des liens [financiers et économiques] avec le monde ».
Corriger les failles du système bancaire iranien, jugé trop opaque et peu régulé, est d’autant plus pressant qu’elles sont utilisées comme prétexte par les investisseurs étrangers pour ne pas faire des affaires avec Téhéran
Coupées du reste du monde depuis une dizaine d’années, les banques iraniennes avaient pris l’habitude de fonctionner en grande partie avec des règles aléatoires, de faibles ratios prudentiels et une part importante de créances douteuses (entre 15 % et 25 %). Mais voilà que, depuis quelques mois, à en croire analystes et banquiers, la Banque centrale iranienne exerce une pression inédite sur les établissements financiers pour qu’ils s’adaptent le plus rapidement possible aux normes internationales.
Corriger les failles du système bancaire iranien, jugé trop opaque et peu régulé, est d’autant plus pressant qu’elles sont utilisées comme prétexte par les investisseurs étrangers pour ne pas faire des affaires avec Téhéran. De fait, nombre d’entre eux demeurent réticents à franchir le pas. Et ce, malgré la levée partielle, en janvier 2016, des sanctions internationales dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, scellé le 14 juillet 2015 à Vienne.