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..:: Deficiente-Forum - Internacional ::.. => Français => Noticias Internacionais => Nouvelles => Tópico iniciado por: RoterTeufel em 30/01/2018, 18:57
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« #metoo met au jour la perpétuation du système de domination masculine »
Selon Olivia Gazalé, philosophe et auteure de l’essai « Le Mythe de la virilité », les violences sexuelles et le sexisme découlent de l’idéologie de la virilité.
Depuis l’éclatement de l’affaire Weinstein, il y a trois mois, des centaines de milliers de femmes ont témoigné des violences sexuelles et du sexisme dont elles ont été victimes. Olivia Gazalé, essayiste, ancienne professeure de philosophie à l’Institut d’études politiques de Paris et auteure de l’essai Le Mythe de la virilité (Robert Laffont, 2017), explique en quoi ces violences découlent, selon elle, de l’idéologie de la virilité, le virilisme, qui considère qu’il y a une hiérarchie des sexes. Elle précise que le système de domination masculine, que dénonce le mouvement #metoo, n’a pas toujours existé.
Que révèle le mouvement #metoo de libération de la parole des femmes ?
Il met au jour la perpétuation du système de domination masculine, malgré des avancées incontestables depuis le début du XXe siècle et les victoires féministes. Il montre que nos représentations sont toujours tributaires de deux archétypes sexués, qui relèvent d’une construction idéologique millénaire et sont un piège pour les deux sexes.
Le premier archétype est celui de la femme essentialisée comme être inférieur, dont le corps est librement appropriable, la parole discréditée, et qui serait coupable du désir qu’elle suscite – idée véhiculée par la mythologie et la religion à travers des figures comme Pandore, Lilith ou Eve.
Les femmes ont intériorisé cette image de la femme fautive pendant des millénaires. C’est, avec la peur, ce qui explique leur long silence face au viol. En cela, #metoo est révolutionnaire car il met fin à deux mille ans de mépris pour la parole des femmes, de culpabilisation des victimes et de culture du silence.
« Jusqu’aux tout derniers millénaires avant notre ère, les femmes avaient beaucoup plus de pouvoirs, droits et prérogatives »
Le Monde