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..:: Deficiente-Forum - Internacional ::.. => Français => Noticias Internacionais => Nouvelles => Tópico iniciado por: RoterTeufel em 07/12/2017, 16:35

Título: Quelque 45 000 partisans de l’indépendance de la Catalogne dans les rues de Bruxelles
Enviado por: RoterTeufel em 07/12/2017, 16:35
Quelque 45 000 partisans de l’indépendance de la Catalogne dans les rues de Bruxelles

Les manifestants font une démonstration de force devant les institutions européennes, à deux semaines d’élections régionales cruciales en Catalogne.

Une pluie battante, un vent intense et l’indifférence des institutions européennes qu’ils tentaient une fois encore d’appeler à l’aide : l’accueil réservé aux dizaines de milliers de Catalans venus défiler en soutien à l’indépendance de la Catalogne, jeudi 7 décembre à Bruxelles, a été glacial, dans tous les sens du terme.

Ils étaient environ 45 000, selon les chiffres de la police, rassemblés dès 10 heures dans le parc du Cinquantenaire avant de suivre une court itinéraire dessiné pour éviter le siège du Conseil européen, du Parlement et de la Commission, dont ils n’auront vu que l’arrière. Seul Carles Puidgemont, flanqué d’une garde personnelle et de policiers belges en civil, fut autoriser à traverser le rond-point Schuman, où les organisateurs avaient espéré – en vain – conclure cette manifestation, dont l’ampleur a dépassé toutes leurs espérances.

Le rassemblement a lieu en pleine campagne pour des élections régionales cruciales en Catalogne, le 21 décembre. Carles Puigdemont, visé par des poursuites judiciaires en Espagne, a annoncé mercredi son intention de rester en Belgique « pour l’instant », au lendemain du retrait par un juge espagnol du mandat d’arrêt européen émis par Madrid.

« Europe, réveille-toi ! L’histoire te jugera »

« L’Europe ? Je n’y crois plus. Je suis seulement là pour défendre mon gouvernement contre un gouvernement espagnol corrompu, aux mains d’une veille garde franquiste », explique le jeune Sergi, venu de Barcelone avec son labrador. Un peu plus loin, Josef est l’un des rares protestataires à arborer un drapeau européen. Catalan, il travaille au Parlement, à Bruxelles, depuis un peu plus d’un an et aimerait croire que l’Europe peut encore servir de médiatrice. « Cela suppose toutefois des concessions de Madrid, et c’est peu probable… », redoute-t-il. Venu défiler avec son épouse, Navarro, barbe grise et bonnet noir enfoncé jusqu’aux yeux, tient, lui, à expliquer qu’il est « encore européen » mais déplore que « Bruxelles, trop éloignée des réalités, oublie les Catalans ».

« Europe, réveille-toi ! L’histoire te jugera », clame une bannière arborée par des retraités arrivés de Badalona. Des jeunes, plus irrévérencieux, s’en prennent à Jean-Claude Juncker, invité à embrasser leur arrière-train. « Y a-t-il quelqu’un qui nous écoute ? », interroge une autre pancarte.

Le défilé est porteur de beaucoup de slogans et de pas mal de contradictions. Des militants flamands d’extrême droite saluent leurs « frères » catalans tandis qu’un peu plus loin un militant trotskiste belge explique que « c’est la question sociale qui a réveillé la question nationale et, en tant que marxiste, on ne peut donc que soutenir la volonté populaire ». La NVA, le parti indépendantiste flamand qui a remisé son programme institutionnel et privilégie désormais la participation au pouvoir fédéral belge, assure également une présence, somme toute assez discrète. Le parti se dit cependant « solidaire » des exilés qui ne sont, désormais, plus visés par un mandat d’arrêt européen : à la surprise générale, la justice espagnole a décidé, lundi 4 décembre, d’arrêter la procédure à leur encontre.

Merci de « prendre soin de notre président »

Le cortège est parsemé de nombreux drapeaux jaunes orné d’un lion noir, la bannière de la Flandre. « C’est pour remercier la justice et le gouvernement belge d’avoir accueilli Carles Puigdemont et ses ministres », explique Oriol, un étudiant en informatique. Si on lui objecte que le drapeau du pays n’est pas celui de la Flandre, il répond : « C’est la même chose, non ? »

Les principaux soutiens dont bénéficient, en Belgique, Carles Puigdemont et ses quatre ministres en exil sont, en tout cas, flamands. Un feuillet distribué dans le cortège, pour remercier le royaume de « prendre soin de notre président », déplore, en néerlandais, « le fascisme qui peut se manifester impunément dans les rues de Catalogne » et fait remonter à 1716 le début de l’oppression de la région. Quand Philippe V a « intégré par la force » la région à l’Espagne honnie.

Placée décidément sous le signe de l’Europe, la manifestation s’est achevée par une longue séance politico-musicale au square Jean Rey, du nom d’un ancien président belge de la Commission. À peine réchauffés par l’Ode à la joie, l’hymne officiel de l’Union, et des chants nationalistes, les soutiens de M. Puigdemont ont écouté celui-ci s’en prendre à l’inaction de la Commission. Et assurer que lui et ses concitoyens continuaient cependant à croire en l’Europe. « Une autre Europe ».