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..:: Deficiente-Forum - Internacional ::.. => Français => Noticias Internacionais => Nouvelles => Tópico iniciado por: RoterTeufel em 26/02/2018, 17:23
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Réforme de la SNCF : vers une grève « avant le 22 mars » ?
Le gouvernement veut recourir aux ordonnances pour réformer le système ferroviaire ; deux des quatre syndicats représentatifs veulent réagir plus vite que ce qui était prévu.
Fin du recrutement au statut, recours aux ordonnances… Les annonces du premier ministre, Edouard Philippe, qui a lancé, lundi 26 février, la réforme du rail, ont été qualifiées de « provocation » par les syndicats de cheminots SUD-Rail (3e représentatif) et de la CFDT (4e).
Le premier ministre a dit vouloir recourir aux ordonnances pour faire adopter « avant l’été » une réforme de la SNCF, prévoyant, entre autres, la fin du statut de cheminot pour les nouvelles recrues. Il a justifié la nécessité de cette réforme par la situation « alarmante », « intenable », dans laquelle se trouve, selon lui, la SNCF.
Proposition de grève reconductible
L’UNSA-Ferroviaire et la CFDT-cheminots, deux des quatre syndicats représentatifs (avec la CGT et SUD-Rail), ont décidé d’accélérer le mouvement et de réagir : l’UNSA-Ferroviaire, deuxième syndicat à la SNCF, proposera à l’intersyndicale prévue mardi après-midi pour discuter de la réponse à apporter aux annonces du gouvernement une grève « avant le 22 mars », date à laquelle la CGT avait prévu une manifestation, avant même les annonces.
« Je vais demander à ce que demain on rentre dans un processus (…) d’alerte sociale à la SNCF, qui pourra déboucher sur la grève », a déclaré Roger Dillenseger, le secrétaire général l’UNSA-Ferroviaire.
Plus tôt dans la journée, la CFDT-Cheminots avait annoncé qu’elle proposerait, elle aussi, aux trois autres syndicats représentatifs de la SNCF de lancer un appel à la grève reconductible à partir du 12 mars, a déclaré à l’agence de presse Reuters Didier Aubert. « On proposera d’appeler à une grève reconductible le 12 mars », a déclaré son secrétaire général.
La semaine dernière, les syndicats avaient, d’une même voix, mis en garde l’exécutif contre toute utilisation des ordonnances, un casus belli à leurs yeux, en brandissant la menace d’un conflit social « majeur ».
« Vraie injustice et vraie provocation »
« L’annonce de la fin du statut est vécue par les agents comme une vraie injustice et une vraie provocation », a déclaré Erik Meyer (SUD-Rail), dénonçant, par ailleurs, « un chantage à l’ordonnance ». « Ce n’est pas de nature à établir un débat serein », a-t-il regretté.
Les deux syndicats restent également très sceptiques face à l’engagement du gouvernement concernant les petites lignes. « Dire aux régions, c’est vous qui allez avoir la décision finale » ne signifie en rien les sauver, compte tenu des difficultés de financement, a averti Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots.
Le gouvernement « refile le bébé » aux régions, a également estimé Erik Meyer de SUD, y voyant aussi « une manœuvre » du gouvernement « pour faire baisser la mobilisation et pour essayer de [la] rendre impopulaire », car recentrée sur le statut des cheminots.
SUD-Rail comme la CFDT regrettent aussi que le gouvernement ne se soit pas plus engagé sur la question de la dette, une question qu’il « faut traiter avant les autres », selon M. Meyer.
Réactions politiques
Côté politique, l’opposition fustigeait surtout le choix des ordonnances. « Est-ce qu’on a vraiment besoin, dans l’état de la situation, de légiférer par ordonnances ? », a demandé Gilles Platret, porte-parole de Les Républicains, alors que « sur la SNCF, ce n’était pas un engagement de campagne » d’Emmanuel Macron.
« Nous dénonçons la méthode brutale et arrogante employée par le gouvernement pour engager la réforme ferroviaire. La confirmation d’un recours aux ordonnances va, en effet, inutilement diviser les acteurs de la SNCF et risque de dresser les Français contre cette entreprise publique qui relève du patrimoine national », ont dénoncé de leur côté les anciens ministres socialistes Stéphane Le Foll et Frédéric Cuvillier.
Steeve Briois, secrétaire général du FN estime lui que le gouvernement allait « étouffer le débat démocratique » en ayant recours aux ordonnances. Et d’ajouter, sur son compte Twitter : « les exemples, à l’étranger, de privatisation et d’ouverture à la concurrence du rail ont été des catastrophes. »
Le Monde