Action de militants identitaires dans les Alpes : ouverture d’une enquête préliminaire
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des membres de Génération identitaire s’enorgueillissaient auprès du « Monde » d’avoir orienté trois migrants vers un poste de police.
Selon les informations du Monde, le procureur de la République de Gap (Hautes-Alpes), Raphaël Balland, a ouvert une enquête préliminaire contre X, vendredi 27 avril, afin de vérifier si des infractions ont été commises à l’encontre de migrants par des militants identitaires à la frontière franco-italienne des Hautes-Alpes.
« Nous n’avons aucune certitude de ce qu’il s’est passé, précise Raphaël Balland. Il s’agit de vérifier si une infraction a été commise. Des identitaires étaient présents, et il y aurait eu des contacts avec des migrants. » L’enquête a été confiée à la gendarmerie de Briançon et à la police aux frontières.
Dans la nuit de jeudi à vendredi 27 avril, des militants identitaires qui patrouillent aux abords de la frontière s’enorgueillissaient auprès du Monde d’avoir orienté vers un poste de police trois migrants repérés durant leur « surveillance » nocturne : « On en a rencontré, on les a amenés à la frontière calmement, gentiment et la police ensuite les a interpellés », expliquait l’un d’eux au Monde.
Côté policier, on fait état d’un autre déroulement des faits. Des militaires de l’opération « Sentinelle » en patrouille dans la nuit de jeudi à vendredi auraient repéré à la jumelle un groupe de personnes près du col de Montgenèvre. « Ils ont fait appel aux gendarmes, qui ont vu le groupe se séparer en deux, rapporte une source policière. Ils ont pu contrôler quatre personnes et les ont accompagnées à la police aux frontières. Les gendarmes se sont alors rendu compte qu’ils étaient suivis par un groupe d’identitaires. » Une version qui contredit le récit des militants d’extrême droite. Quant aux personnes contrôlées, deux d’entre elles, majeures, ont été reconduites en Italie. Les deux autres, mineures, ont été placées.
Contactée vendredi matin, la préfecture des Hautes-Alpes a rappelé que seuls les services de police étaient habilités à procéder à des interpellations, qui sont quotidiennes au niveau de la frontière. Dans la nuit du 25 au 26 avril, quinze migrants ont ainsi été interpellés.
Le Monde